Les résidents danse en 2004

Les textes présentent les artistes et leurs projets à la date de leur résidence.

Compagnie IXKIZIT Joel Borges
À partir de la notion de projet artistique, IXKIZIT Cie évolue dans des processus créatifs qui s’ouvrent vers une démarche plus vaste et se concrétise à travers la création d’installations chorégraphiques et l’élaboration de projets internationaux de coopération artistique. Les projets de création d’IXKIZIT Cie sont déclencheurs de recherche et de rencontres avec des porteurs de projets qui sur la durée permettent la mise en place de coopérations solides et la construction de réseaux solidaires. En liaison avec des structures culturelles à l’étranger, IXKIZIT Cie est allée à la rencontre de jeunes danseurs-chorégraphes porteurs de projets. À travers des ateliers chorégraphiques professionnels et pluridisciplinaires IXKIZIT Cie a souhaité créer des espaces de création et de dialogues qui permettent à des jeunes créateurs de poursuivre leurs recherches et acquérir une visibilité dans leur propre environnement et au-delà. Ces ateliers sont une première étape de rencontre qui se poursuit avec l’invitation de certains des participants pour une résidence internationale de création dans le cadre du Programme Triennal Chantier en construction à Mains d’Œuvres. En poursuivant son souci de promouvoir la jeune création chorégraphique et de contribuer à l’élaboration d’espaces de création, IXKIZIT Cie initie un nouveau programme triennal une semaine pour la danse. Ce programme international souhaite se développer dans différentes zones géographiquement sensibles afin de multiplier les temps de rencontre et renforcer la création de réseaux solidaires entre jeunes créateurs et structures culturelles. Les échanges qui se construiront sur trois ans dans chaque pays visent à impulser une coopération structurante afin d’ancrer le programme localement et à terme provoquer une autonomisation dans l’élaboration des projets.

Les Semeurs
Isabelle Esposito s’aperçoit assez vite qu’un théâtre dit “ naturaliste ” ne l’intéresse pas. Lorsqu’elle voit pour la première fois la guerre représentée au théâtre, elle ne croit ni aux cris, ni aux chutes, ni aux acteurs. Elle se met alors à rêver d’un autre corps d’acteur. C’est en travaillant longuement et solitairement sur “ La dernière fiancée ”, l’histoire d’une femme qui petit à petit découvre chaque partie de son corps, bouche, langue, doigts…qu’elle commence à trouver l’embryon de sa démarche. Dès lors son travail se resserre, elle décide d’obstruer la bouche pour redonner la parole au reste du corps. Comment créer un corps-tentative, un corps toujours en recherche, qui ne peut pas se reposer ? Comment mettre le chaos dans le corps de l’acteur ? Comment faire parler sa peau, la tendre comme un tam-tam pour qu’elle résonne ? Voilà les questions qui guident son travail. Le temps du théâtre doit être un moment de vie profonde, voracement partagé. Le Théâtre des Semeurs cherche d’une certaine manière à regoûter le temps, comme si la scène était une plaque sensible qui capterait le temps, ses odeurs, ses sensations. Les semeurs ont également conçu, en plus de leur travail de création autour de la pièce « Moignon pourri », le projet de déambulation dans la ville « les Jumelles », censé explorer d’une façon ludique et en lien direct avec les habitants la mémoire industrielle de la ville de saint Ouen.

Sandra Martinez, Kiwat Cie
Sandra Martinez a toujours cherché à développer un travail au croisement de diverses pratiques sur des chemins de traverse, à la rencontre de différentes cultures. Son parcours atypique d’auteur chorégraphe, est tissée de prises de risques et d’engagements. A travers différentes pratiques corporelles, de la danse contemporaine aux arts martiaux, et les voyages comme expérience de déracinement et matière à réflexion, elle se nourrit de tout et tente de porter le corps jusqu’à ses limites. Les diverses rencontres avec des plasticiens, des musiciens, des écrivains, des comédiens, l’amènent à expérimenter des formes improvisées dans des lieux inhabituels et l’incite à approfondir les questions de la théâtralité, de la mémoire intime et du regard du spectateur, provoquant ainsi la mise en jeu mouvementé du corps, en quête d’identité. Sur le terme même de l’échange, comme fil conducteur de sa démarche, la création du groupe de recherche interdisciplinaire, Kiwat Cie, en association avec, Walter N’Guyen, comédien- marionnettiste, et Mélanie Cholet, danseuse, est une façon d’expérimenter de nouvelles investigations autour du corps. Il s’agit toujours d’aiguiser un peu plus son regard, se confronter à l’autre, l’étranger, dans sa différence “ Susciter des événements, mêmes petits, qui échappent au contrôle, où faire naître de nouveaux espaces-temps, même de surfaces et de volumes réduits […] c’est au niveau de chaque tentative que se juge la capacité de résistance… ” Gilles DELEUZE

Keity Anjoure
Après avoir été formée aux arts traditionnels indiens (Danse et arts martiaux), Keïty Anjoure obtient une bourse d’études délivrée par le ministère des affaires étrangères pour étudier le Kuchipudi (danse traditionnelle de l’Inde du Sud). Elle s’initie à la danse contemporaine en passant par le contact – improvisation et par des rencontres interdisciplinaires. Les performances et expériences d’enseignement qu’elle mène à New York (NYU) CORD 2001 - Transmigratory Moves ; Judson Church, Piece for a body, arches and breath (New York, 2000 ; programme d’Art “Coalition for Hispanic Families”,New York,2000) orientent sa recherche vers des dispositifs qui questionnent le multiculturalisme et les nouvelles formes créatives qu’il génère._ »Sortir le dragon en hibernation », créé à Mains d’Œuvres, associe une performance chorégraphique à une projection de films d’animation japonais. Le dialogue crée entre la danse et les images donne à saisir les réalités doubles du corps contemporain : à la fois chair et représentation, mouvement et information. La performance chorégraphique s’inspire de l’univers fantasmatique des mangas, de la musique et de la pratique du mix afin d’éprouver la réalité « augmentée » du corps par l’examen de son identité sexuelle. Des étapes de travail ont été présentées à Mains d’Œuvres en septembre 2004 dans le cadre de « On life » une programmation dans le cadre de Villette Numérique, à L’ile Saint Denis - Centre Culturel Jean Vilar le 12 février 2005. Elle a également initié des cours réguliers de Kuchipudi, danse de l’Inde du Sud _depuis octobre 2003,

Moov’n Aktion
MOOV’N AKTION est une association qui a pour objectif la production et la promotion du spectacle vivant, et notamment de la culture hip-hop sous toutes ses formes. Sous la direction de Yacine Amblard et Dirk Korell, les actions de l’association se situent à plusieurs niveaux : _ production de spectacles et d’événements à l’échelle nationale et internationale, comme le festival Danse Hip Hop Tanz ou le duo Men at Work des danseurs Storm (Berlin) et Kane-Wüng (Paris), montage et suivi de projets de coopération internationale, conseil aux compagnies de danse, suivi de production, conseil aux collectivités, lieux, institutions, association sur des projets d’actions “ hip hop ” mise en place d’actions pédagogiques et de formation.

Compagnie Res Publica
RES PUBLICA, collectif interdisciplinaire, fondé en 1996 par Wolf KA, est composé d’artistes de la scène et de la musique de différentes nationalités européennes. Le collectif s’organise autour de la notion d’espace public et développe des créations hybrides à mi-chemin entre la danse, le théâtre, la performance et l’installation. Il réalise 5 créations qui interrogent l’espace public sous différentes perspectives : les créations " res publica, poème spatial " (1996), " Sexes " (1997) " Corpus X " (1998), questionnent le rapport entre acteur théâtral et acteur social. " God is my copilot, performance multimédia " (1999) et " Enjeux, exercice pour un nouveau millénaire, dispositif scénique interactif " (2001) confrontent la situation communicationnelle théâtrale au changement social et comportemental lié aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. La création "Enjeux, exercice pour un nouveau millénaire", conçue à mains d’Oeuvres interroge, à travers l’interactivité, l’implication directe du public dans le déroulement du spectacle et sa relation aux acteurs/danseurs. C’est à travers cette transformation relationnelle de la scène que le statut du lieu de spectacle, le théâtre, comme lieu de débat et d’échange, celui de ‘res publica’, est examiné.

tHEL danse / Gabriel Hernandez
Le travail que propose Gabriel Hernandez tente de rompre avec les typologies et les procédures traditionnelles. Les différents éléments chorégraphiques sont en effet générés et traités (développés, transformés et contrôlés) par le moyen de structures génératives, réalisées avec l’aide de l’outil informatique, qui font appel à des opérations aléatoires successives. Les résultats étant alors dans une grande mesure imprévisibles. Le mouvement ne se réfère à aucune technique ou style spécifique de danse. A la base, c’est une série de diagrammes qui contrôlent les articulations et leurs comportements. Ces diagrammes sont manipulés par des combinaisons statistiques - comme pour un code génétique - et aboutissent à des résultats transmis au danseur ; qui lui-même poursuit ensuite la recherche gestuelle avec d’autres opérations. Le corps apparaît de cette façon comme une entité complexe et combinée. Il n’est ni unifié, ni structuré, mais traité comme un champ hétérogène vidé des constituants culturels traditionnels d’identité ou de fonctionnement kinético-physiologique. L’espace par ailleurs est généré en complète indépendance du mouvement. Non plus considéré comme un espace neutre mais comme un champ de forces, il perd ici une partie de ses références géométriques fixes pour gagner en dynamisme. Compagnie Un pas de côté, Keity Anjoure Après une formation en danse et arts martiaux de l’Inde (Kuchipudi, Kalaripayyat), Keity Anjoure obtient une bourse du ministère des Affaires étrangères pour aller étudier à Madras. Suite à plusieurs séjours d’étude en Inde , elle s’investit dans le champ de la danse contemporaine en étudiant le contact-improvisation et par des collaborations interdisciplinaires qu’elle initie en France et à New-York. Elle élabore des dispositifs qui questionnent les frontières entre danse et performance et qui témoignent de la naissance de formes créatives qui vont au-delà du multiculturalisme. Son travail parle de la migration des sources traditionnelles vers une écriture contemporaine. La fusion est pour elle un outil sensible pour parler des glissements culturels, éthiques, sociaux et identitaires de la société contemporaine. Elle participe à de nombreux festivals, à Paris (Chantier en construction (CIE IXQIZIT), De la représentation à L’Action, Les Jaloux, Coursives…) et à New York (NYU, “ Dance in Global Circulation ”, “ Crossing Boundaries ”, Dixon Place , “ Yoga and Choreography ”, Judson Church). Actuellement en résidence à Mains d’Œuvres, elle travaille sur la mise en place d’un dispositif chorégraphique "Sortir le dragon en Hibernation".

Compagnie a n o n y m e, Sidonie Rochon
La cie anonyme est une compagnie de danse contemporaine créée en 1982 par Sidonie Rochon. Sidonie Rochon ne considère pas le spectacle comme le lieu du divertissement, ni la danse comme synonyme de grâce et de prouesses physiques, mais l’occasion de questionner le réel, d’expérimenter de nouveaux partis pris sur le corps, de chercher à élargir le champ de son langage, de tenter d’autres " être et agir ensemble". L’axe de son travail est de rêver, imaginer, tenter de nouvelles configurations de l’espace et du temps et d’y définir des projets de corps individuels et sociaux qui seraient d’autres "possibles". Dans le cadre de sa résidence à Mains d’Œuvres, la compagnie : _ a créé le solo "10 actions pour mon corps", dansé par Sidonie Rochon les 28, 29 et 30 novembre 2003 ; elle a commencé un travail de création sur le mot "avenir" avec cinq danseurs, création prévue à l’automne 2004, et a lancé_ des ateliers mensuels de recherche et expérimentation en danse ouverts aux amateurs et en particulier aux habitants de Saint-Ouen.

Sciapode - Emilie Blézat
Sciapode est une structure spécialisée dans la production cinématographique de longs-métrages réalisés par des chorégraphes, metteurs en scène ou encore plasticiens. _Emilie Blézat, jeune productrice de films, a créé Sciapode fin 2003. Sa spécificité est de produire des films d’artistes venant des champs de la danse, du théâtre, des arts plastiques. Son désir est de sortir du conservatisme du cinéma classique en soutenant ces créateurs d’autres horizons artistiques, et surtout, amener le cinéma à des langages différents à travers la danse, le théâtre, les arts plastiques. _Emilie Blézat a commencé à tisser des réseaux de diffusion des films à travers les lieux de spectacle, les cinémas indépendants. Emilie Blézat est également lectrice pour le CNV. Sciapode a produit, notamment, _ « Blush », _adaptation cinématographique du spectacle éponyme de et par Wim Wandekeybus et sa compagnie Ultima Vez, « Face à l’Océan », _long métrage de fiction écrit et réalisé par Pippo Delbono, _ « Jean-Baptiste » _long métrage de fiction écrit et réalisé par Wayn Traub, la trilogie « EnricoV, La Rabbia, Gente di Plastica », trois films écrits et réalisés par Pippo Delbono, à partir de ses spectacles éponymes.